Mot du Président fondateur Professeur Tahar BEN LAKHDAR

L’une des clés du succès du projet ESPRIT, bien qu’il soit réalisé dans un contexte privé, est justement ce souci constant des fondateurs, de s’inscrire dès le départ dans une stratégie alliant viabilité économique et inclusion sociale, tout en se donnant les moyens de proposer des formations de qualité assurant une forte employabilité pour les ingénieurs diplômés.
A cet égard, et pour que le financement des études ne constitue pas une barrière pour les jeunes issus des classes sociales défavorisées, ESPRIT a veillé dès sa création en 2003 à :

– Fixer les frais de scolarité à un niveau accessible comparativement à ce qui est pratiqué en Tunisie et à l’étranger,
– Octroyer des bourses exceptionnelles basées sur les critères de mérite scientifique et de la motivation de l’étudiant ainsi qu’aux conditions sociales de ses parents,
– Accorder des exonérations d’une partie des frais (max 50%) ex-post, basées sur les résultats au sein de l’école,
– Susciter de manière informelle la prise en charge par « les amis d’ESPRIT »d’une partie des frais de scolarité d’élèves méritants n’ayant pas les moyens de financer leurs études.

L’impact de ces actions sur l’accessibilité est toutefois resté limité, ce qui a poussé ESPRIT à imaginer un dispositif pérenne et innovant, avec un impact plus fort et pouvant inspirer des modalités de financement des études supérieures au niveau de l’enseignement supérieur privé, et en particulier pour les institutions de qualité assurant un taux d’employabilité élevé à ses diplômés.
Le projet consiste en la mise sur pieds d’une « fondation » à but non lucratif pouvant offrir des bourses ou/et des prêts sur l’honneur, sans autregarantie que l’excellence du bénéficiaire et la certitude de son employabilité future, à taux faible, en vue de contribuer au financement des études de la population bénéficiaire, c’est-à-dire celle des jeunes méritants issus des classes sociales défavorisées.
Qu’on ne s’y trompe pas cependant, en créant cette fondation, ce n’est certainement pas Esprit que nous servons. Car l’école ne souffre pas d’un manque d’effectifs, loin de là : elle est contrainte au contraire de refuser chaque année, faute de place et non faute d’opportunités d’emplois pour les ingénieurs, comme certains se plaisent à le dire, les 2/3 des candidats qui se présentent à elle. En créant cette fondation, c’est d’abord et avant tout la démocratie de l’enseignement supérieur que nous servirons, c’est l’accessibilité des formations les plus prisées aux jeunes de toutes les catégories sociales, sur le seul critère de leur mérite et de leur motivation, et non sur celui des capacités de paiement de leurs parents. C’est l’esprit de l’école et l’université publiques au sein desquelles nous avons grandi, qui nous ont construits, qui nous ont permis d’être ce que nous sommes, et que nous avons le devoir de laisser en héritage aux jeunes générations.

Bienvenue à Esprit, et longue vie à le Fondation Esprit !